Cette pathologie touche 6 % à 8 % des femmes enceintes.
Grossesse et métabolisme du glucose
Durant les deuxième et troisième trimestres de la grossesse, il est reconnu que les besoins en insuline de la femme enceinte sont deux à trois fois plus importants qu'en temps normal.
Cela s'expliquerait par l'augmentation progressive, durant la grossesse, de la production d'hormones « anti-insulines » (par exemple, les hormones placentaires, le cortisol et les hormones de croissance), qui réduisent les effets de l'insuline sur l'organisme. Elles sont essentielles au bon déroulement d'une grossesse, donc à la santé du foetus et de la mère.
Dépistage
Le test de dépistage consiste en une mesure de glycémie (prise de sang ou au bout du doigt appelé Dextro).
En cas d'hyperglycémie, on entreprendra un test d'hyperglycémie provoquée ( HGPO ou OGTT) qui consiste à évaluer la glycémie sanguine une heure après avoir ingéré 50 g de glucose.
Après l'accouchement
Dans 90 % des cas, le diabète gestationnel disparaît dans les quelques semaines suivant l'accouchement. Toutefois, une certaine proportion de femmes qui en sont atteintes développeront, quelques mois ou plusieurs années plus tard, un diabète de type 2 ou, beaucoup plus rarement, un diabète de type 1.
Allaitement
Le diabète gestationnel ne constitue pas une contre-indication pour l'allaitement maternel. Au contraire, des études indiquent qu'il peut donner une certaine protection contre le diabète chez le nourisson.
Conséquences possibles pour la mère
des infections des voies urinaires.
de l'hypertension artérielle et de l'enflure (plus fréquents en cas de diabète gestationnel).
un accouchement prématuré.
un accouchement par césarienne (à cause de la taille de l'enfant).
un risque accru de souffrir de diabète de type 2.
Conséquences possibles pour l'enfant
une hypoglycémie néonatale.
une exagération de la jaunisse du nouveau-né.
un déficit en calcium sanguin.
un syndrome de détresse respiratoire.
une macrosomie (un "gros" bébé).
un risque accru de développer éventuellement un diabète, le plus souvent de type 2.
Symptômes
Tout comme pour les autres types de diabète, la femme enceinte atteinte de diabète gestationnel est généralement asymptomatique.
Dans de rares cas, elle peut présenter les symptômes suivants :
une fatigue inhabituelle pour une femme enceinte;
des mictions abondantes (fais pipi souvent);
une soif intense.
Personnes à risque
Les femmes ayant plus de 25 ans.
Les femmes ayant des antécédents familiaux de diabète.
Les femmes ayant eu l'un des problèmes suivants au cours d'une grossesse précédente : diabète gestationnel, hypertension, infection des voies urinaires, hydramnios (surplus de liquide amniotique).
Les femmes ayant déjà eu un nouveau-né affligé d'une anomalie de naissance, une fausse couche, un bébé mort-né ou un bébé de plus de 4 kg.
Facteurs de risque
L'obésité avant la grossesse constitue un facteur de risque important.
Prévention
En principe, il n'existe aucun moyen reconnu de prévenir le diabète gestationnel, mais on peut penser qu'une saine alimentation et le maintien d'un poids santé peuvent contribuer à en amoindrir les risques.
Traitements médicaux
Le traitement du diabète gestationnel a été remis en question ces dernières années, puisque sa capacité à réduire les complications n'a pas encore été démontrée.
Certains médecins recommandent d'adopter un bon régime alimentaire (qui respecte les besoins nutritionnels de la femme enceinte) et d'apporter quelques modifications au mode de vie pour que la glycémie se maintienne à des taux acceptables, et que la mère et l'enfant se portent bien.
Quant à l'insuline, on la réservera aux cas où la modification de l'hygiène de vie ne permet pas à elle seule de contrôler la glycémie.
À l'opposé, d'autres médecins considèrent que la somme des efforts demandés à la femme enceinte pour contrôler sa glycémie ne valent pas la peine étant donné les faibles bénéfices obtenus. Ce sera à chacune d'en discuter avec son médecin.
Les femmes ayant eu un diabète gestationnel auraient avantage à faire vérifier leur glycémie sanguine.